Alpujarras

Les Alpujarras (ou la Alpujarra) sont une région montagneuse du sud de l’Espagne, partagée entre les province andalouses de Grenade et d’Almería. Elles se situent sur les flancs sud de la Sierra Nevada.

Les Alpujarras sont divisées en deux comarques : l’Alpujarra granadina, dans la province de Grenade, et l’Alpujarra almeriense, dans la province d’Almería. Cette division a été arrêtée par la Junta de Andalucía en 19931.

La Alpujarra de Grenade nous présente d’impressionnants paysages caractérisés par les amandiers, les vignobles et les terrasses.

En raison de son relief principalement montagneux, ses villages se sont adaptés aux dénivelés. Aussi les maisons s’agencent-elles en étages, orientées vers le sud pour profiter de l’excellence du climat méditerranéen. Les rues en pierre et au tracé sinueux invitent à la promenade, dans une ambiance de calme et de sérénité. Dans l’Alpujarra, le temps semble réellement s’être arrêté.

Parmi les municipalités de cette région se trouve Lanjarón, surnommée « la porte de l’Alpujarra ». Ses eaux minérales et médicinales en font un endroit très propice à la détente. Sans oublier Órgiva, à l’influence morisque très marquée.

Dans cette région, le Balcón de la Alpujarra », formé par les villages blancs de Cañar, Soportújar et Carataunas, mais aussi le Barranco de Poqueira, jalonné des localités de Pampaneira, Bubión et Capileira, méritent un détour.

La gastronomie de l’Alpujarra se caractérise par les viandes et la charcuterie, et tout particulièrement le jambon de Trévelez, qui est la plus haute municipalité d’Espagne, ainsi que par une délicieuse pâtisserie de tradition morisque.

Découvrez ici toute la beauté des municipalités de l’Alpujarra.

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Étymologie

Dans les textes anciens, la région est souvent appelée alpujarras, nom dérivé du terme arabe al Busherat (al-bugscharra), traduisible par « la Terre de l’herbe » ou la « Terre des pâturages ».

L’auteur Pedro Antonio de Alarcón, qui publia en 1874 un livre relatant son passage dans les Alpujarras, fournit quatre hypothèses étymologiques supplémentaires. Citant Luis de Mármol, il affirme que le mot dériverait de l’arabe « abuxarra », la querelleuse. Il s’appuie par ailleurs sur l’orientaliste Miguel Alcántara pour donner une autre origine plausible : le toponyme « abuxarra » signifierait indomptable. Deux orientalistes, Romen et Sacy, fournissent à Alarcón une troisième explication basée sur les témoignages de l’historien arabe Suar al-Kaici. Selon ce dernier, le terme d’Alpujarras viendrait du mot arabe « albordjela », la fortifiée. Enfin, Alarcón cite Simonet, qui voit dans le terme arabe « Albuxarrat », la montagne blanche ou montagne enneigée, l’origine du nom de la région.

Géographie

Les Alpujarras s’organisent essentiellement en une série de vallées descendant perpendiculairement depuis la Sierra Nevada au nord, pour se diriger vers la Sierra de la Contraviesa et la Sierra de Gádor, qui séparent les Alpujarras de la Mer Méditerranée au sud.

La région est connue pour sa beauté naturelle. En raison de son climat doux combiné à d’importantes ressources en eau originaires des rivières de la Sierra Nevada, les vallées des Alpujarras jouissent d’une grande fertilité, quoique la nature accidentée du terrain limite les cultures à de petites parcelles, empêchant l’utilisation de techniques agricoles modernes. Cette impossibilité de mécanisation engendre un manque de compétitivité, qui explique que le tourisme soit devenu un des moteurs économiques des vallées. Par ailleurs, l’élevage du porc ibérique y est très répandu : le climat offre des conditions de séchage idéales pour l’un des plus fameux jambons espagnols, le Jambon de Trevélez.

La flore est d’une grande richesse. Les arbres fruitiers abondent : orangers, citronniers, plaqueminiers, pommiers, figuiers, châtaigniers, amandiers et vignes. Cette végétation est particulièrement présente dans la partie occidentale de la région, l’Alpujarra d’Almería étant plus aride.

Les plus grandes villes des Alpujarras sont Lanjarón, connue pour son château et ses eaux minérales, Órgiva, Ugíjar, Cádiar, Ohanes, Paterna del Río, Laujar de Andarax et Berja. Trevélez est, pour sa part, le village le plus haut d’Espagne, juché à 1746 mètres. La nature des terrains donne l’impression dans les villages que les maisons s’empilent les unes au-dessus des autres. L’habitat rural de la zone est particulièrement caractéristique : toits plats à cheminée, balcons (tinaos), rues étroites escarpées,…

Histoire

Les Alpujarras a été successivement colonisée par les Ibères, les Celtes, les Romains, les Wisigoths puis par les Musulmans. Cependant, l’historien arabe Ibn Ragid affirme que la région n’a été conquise par les Musulmans qu’après la conquête, en raison de l’aspérité du terrain. La colonisation s’est opérée plus tardivement et plus lentement qu’ailleurs.

Les Alpujarras ont représenté le dernier refuge des morisques, autorisés à y demeurer bien après la chute de Grenade en 1492. Suite à la révolte morisque de 1568, la population fut expulsée d’une région qui leur avait servi de base militaire. Sur ordre de la couronne, deux familles morisques furent tenues de rester dans chaque village pour aider les nouveaux habitants arrivés du nord de l’Espagne (Asturies, Galice et León principalement) à s’installer et à cultiver la terre (terrasses, irrigation).

L’influence des Morisques peut toujours être observée dans l’agriculture, l’architecture similaire à celle des Berbères de l’Atlas, la cuisine, les tapis et la toponymie.